Remouleurs-Histoire et actualité

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vendredi 4 juillet 2008

Le blog "Les rémouleurs" a changé d'adresse

Retrouvez-nous sur : http://remouleurs.info

dimanche 22 juin 2008

Métier rustique

Graveurs et marchands, la famille JEAN, rue Saint-Jean-de-Beauvais à Paris avait une solide réputation dans le domaine de l'estampe. Parmi leurs plus prestigieux artistes figuraient Callot et Debucourt
Le gagne-petit ci-dessous est un des éléments d'une estampe associant dix métiers de la rue : afficheur, marchand de fagots, écaillère, blanchisseuse…
Son métier est extrêmement rustique et lourd probablement. La représentation est simplifiée, on ne voit la planchette mais peut-être que la meule est commandée par une manivelle ? La planchette peut aussi être escamotée pour les déplacements. L'essentiel y est : meule, réserve d'eau, chiffon et structure grossière pour maintenir le tout à la fois pour le travail et les déplacements. On peut penser que souvent les métiers de ces pauvres bougres étaient fabriqués avec des matériaux de récupération d'où la rusticité apparente.
Estampe vers 1825. Bibliothèque nationale. Cabinet des estampes.

Remouleur.Estampe.Jean.1825.Detail.jpg

mardi 17 juin 2008

Aujourd'hui en Italie

Un site italien nous propose cette intéressante photo d'un rémouleur d'aujourd'hui.
Après avoir stabilisé sa bicyclette, l'homme reste en position cycliste pour aiguiser. Le pignon de la roue arrière est désactivé, on voit la chaîne qui pend. Dans la position travail, le pédalier entraîne une deuxième chaîne ; celle-ci commande un pignon sur l'axe duquel se trouve une roue de grand diamètre. Cette dernière transmet, par une troisième chaîne, le mouvement à l'axe de la meule et lui donne de la vitesse. Ainsi le rémouleur est autonome : pas besoin d'électricité, secteur ou batterie. La meule est protégée, la réserve d'eau est bien présente. Le coffre sur le porte-bagage avant permet de ranger les outils, les accessoires et probablement la meule pendant les déplacements.
Le cadrage est classique mais le rémouleur, presque en silhouette, se détache bien sur la scène du fond. C'est peut-être un marché ou une fête. Belle photo !
Photo © Roberto ROMANO. Pour visiter sa galerie : Galleria/Romano.

Arrotino.velo.ville.jpg

mardi 10 juin 2008

Der scherenschleifer, de Giacomo Francesco Cipper

Schrenschleifer-G-F-Cipper.jpg Belle peinture de Giacomo Francesco Cipper (1664-1736), dit Il Todeschini, peintre d'origine autrichienne. Sa carrière se déroula principalement en Lombardie où il s'installa, à Milan, vers la trentaine. Cipper appartient à un courant naturaliste qui s'inscrit dans une tradition italienne nourrie d'influences nordiques. D'étonnants personnages hilares traversent son œuvre, figures grandeur nature d'un véritable théâtre pictural.
Ses représentations de scènes tirées de la vie quotidienne témoignent d'un souci de restituer scrupuleusement la réalité, tel ce remarquable tableau peint vers 1705/10.
Outre les trois personnes qui assistent au travail du rémouleur, outre le singe hilare qui semble narguer le spectateur, la scène du rémouleur est remarquable. L'attitude de l'homme est très étudiée, très réaliste. Le métier est parfaitement représenté avec ses petits détails : meules de rechange selon les travaux à effectuer, petits outils divers, chiffon pour l'essuyage, tout y est. Quant aux canards dans la mare, ils créent un équilibre avec le singe du haut. Reste l'enfant, est-ce celui du rémouleur ? il en est bien proche, assis à califourchon sur un bras du métier. Enfin les têtes des cinq personnages sont situées sur un arc de cercle quasiment concentrique avec la roue du métier. Superbe composition !
C'est un bel exemple de peinture de genre que nous offre Il Todeschini dans ce contexte lombard qui précéda les Lumières.
- Photo © Alte Galerie / Landesmuseum Joanneum, Graz
—> Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

vendredi 6 juin 2008

Rémouleurs à Damas

Remouleur.Damas.1.jpg Les rémouleurs sont encore très présents en Syrie. Nous en avons rencontré en février 2006 à Alep et à Damas. Ce ne sont pas des itinérants mais des sédentaires. Ils ont une petite boutique-atelier qui donne sur la rue sans vitrine ni porte. Lorsque la journée de travail est terminée, le soir, il baissent un rideau de fer devant leur échoppe. On pourrait penser que cette boutique est un bric-à-brac. Non, ils connaissent l'emplacement de leurs outils et de leurs matériaux.
Installés en pleine ville, ils ont tous l'électricité. Alors bien sûr, la meule est entraînée par un moteur électrique. De plus, la nuit tombant tôt en hiver, ils ont la lumière pour travailler en fin de journée. L'électricité permet auusi de se chauffer, on aperçoit un appareil de chauffage sur la photo du haut.
Ils repassent les outils tranchants mais ils en vendent également, tout comme certains itinérants autrefois. Et comme il y a des décennies, passant, badaud, on est fasciné par les gerbes d'étincelles qui jaillissent des meules. La concurrence joue à plein car il n'y a pas qu'une seule échoppe de rémouleur mais plusieurs ! Elles alternent avec les boutiques des rétameurs, des chaudronniers, des ferblantiers, tous ceux-ci étant souvent polyvalents dans ce Quartier des Artisans du Vieux Damas.
—> Cliquer sur la photo du haut pour l'agrandir.

Remouleur.Damas.2.jpg

mardi 3 juin 2008

El afilador

Afilador.1900.jpg EL AFILADOR : intéressante carte postale de 1900 représentant un rémouleur espagnol.
À l'origine, un lavis signé Z. Muñoz Lucena, Cordoba.
L'homme à la pipe porte sur le dos un métier dont la structure est allégée eu égard à la façon de le transporter. Le rémouleur stabilise ce métier en passant sa main gauche dans la structure, sa main droite tient une sorte de canne qui doit être reliée à un élément du métier. Il semble qu'il n'y ait rien d'autre pour accrocher l'outil de travail sur le dos. L'homme est légèrement penché vers l'avant pour compenser le poids du métier.
Le visage du rémouleur n'est pas joyeux, il traduit la difficulté d'une vie pas facile tous les jours, cela accentué par le traitement de l'œuvre au lavis : noir, gris avec peu de nuances. Un beau témoignage sur les afiladores à la fin du XIXe siècle.

Inscriptions en bas de la carte à gauche : 430 HAUSER Y MENET. - MADRID.
À droite : DE BLANCO Y NEGRO Revista Ilustrada Madrid.

jeudi 29 mai 2008

François dit " Bas Bleu "

Curieuse est cette assiette décorative de la faïencerie de Sarreguemines en Lorraine. Contrairement à la généralité, le rémouleur au travail, elle présente un homme amoureux d'une cliente, peut-être… Le métier du rémouleur; simpliste et quelque peu fleuri, sert de décor et participe à la mise en scène. Il est surmonté d'un panneau sur lequel est inscrit : Aux flèches de Cupidon - François dit Bas Bleu, content de peu. Bien sûr l'attention se porte davantage sur le baiser que donne François à sa cliente. Contrairement aux représentations habituelles du rémouleur, l'ardeur n'est pas au travail mais à l'amour. C'est une scène idyllique complètement déconnectée de la réalité, un tableau d'opérette ! C'est souvent ce que nous présentent ces peintures sur faïence mais cela est tout-de-même bien rafraîchissant…

Assiette.Sarreguemines.jpg

mercredi 21 mai 2008

L'arrotino

remouleur-arrotino-gravure Voici une gravure de belle facture : L'Arrotino d'après une peinture de Francesco Maggiotto (Venise 1750-1805).
Ce n'est pas un rémouleur ambulant mais, outre sa valeur artistique, cette œuvre est intéressante sur le plan documentaire. Elle met en scène deux personnes : le rémouleur et un enfant. L'emploi d'enfant était très fréquent, notamment comme ici pour tourner la manivelle, et quelle manivelle par rapport à la taille de l'exécutant ! En Lorraine, au XVIIIe siècle, il était fréquent d'emmener des enfants en tournée pendant plusieurs mois : on les appelait alors les mousses.
Les ustensiles à repasser sont courants : ciseaux de grande taille, hache, hachoir, lame de rabot et… couteau. Quant à l'atelier du rémouleur il est de bric et de broc, tout juste ce qu'il faut pour s'abriter quelque peu des intempéries.
Enfin, il existe une ambiguïté quant à la commande de la rotation de la meule : il se pourrait que l'enfant entretienne seulement le mouvement. En effet, l'homme a le pied droit sur une planche pédale assez longue qui commande probablement la rotation.
Gravure de Giovanni Volpato, éditée à Venise par Nicolo Cavalli vers 1800.
La gravure est de grand format : 29 x 37 cm sur une feuille de 40 x 54 cm.

vendredi 16 mai 2008

Istanbul 2007

Istanbul-Telemaco.300.jpg Superbe photo empruntée au site Mundo de Akenar.
C'est aussi un très bon document ce qui ne gâche rien. On ressent la solitude du rémouleur passant devant cette porte qui est peut-être celle d'un ancien palais… La pauvreté (un rémouleur est rarement riche) devant la richesse. L'homme n'est plus très jeune. Pensif, il pousse un métier de facture contemporaine. On n'aperçoit pas de planchette de pied. Il possède peut-être un moteur alimenté par une batterie.
Quant aux qualités artistiques de la photo, elles sont indéniables. Une façade qui écrase quelque peu notre homme dont la silhouette se découpe sur la porte claire. Enfin, belle composition du rémouleur et de son métier : les jambes et les montants du métier convergent vers la tête de l'homme. Une photo comme on les aime ! Nous vous conseillons de la consulter en grand format sur le site MUNDO DE AKENAR (Lien direct), choisir Photography puis colonne de gauche : 2007, Estambul.

samedi 10 mai 2008

Au coin de la rue Pernelle

Remouleur-Pernelle.jpg Dans l'histoire, le rémouleur a toujours bénéficié d'une image globalement positive mis à part quelques exceptions que nous aurons l'occasion d'évoquer par la suite sur ce blog.
Le rémouleur véhicule une image d'honnête homme, travailleur sérieux, affable, gagne-petit se contentant de peu.
Pas étonnant que la publicité, principalement au XIXe siècle, ait utilisé cette image pour vanter (vendre) tel ou tel produit ou même répandre quelque idée. On le retrouve dans les séries sur les petits métiers du monde entier. Un exemple récent : l'ouvrage de Pierre Perret paru à l'automne 2007 : Les petits métiers d'Atget à Willy Ronis. La couverture est illustrée par une photo de rémouleur de Jean Dieuzaide, photo que l'on retrouve à l'intérieur de l'ouvrage avec deux autres : le rémouleur occupe toujours une large place.
Le chromo ci-joint est une carte commerciale du magasin AU COIN DE LA RUE PERNELLE à Paris mais le même motif a été utilisé pour d'autres enseignes.
Inscriptions au verso : confections et costumes pour dames et fillettes, soieries, châles, etc.
Inscription en bas à gauche de l'image : VOUS SAVEZ, J'ATTENDS. Format : 61 x 95 mm. Support semi rigide. Fin du XIXe siècle.
—> Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

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